NICER : La Nasa dévoile une carte du ciel en rayons X

La NASA vient de publier une carte inédite du ciel. Elle représente ce que nous pourrions voir si nos yeux étaient sensibles aux rayons X. Elle a été obtenue grâce à l’instrument NICER (« Neutron Star Interior Composition Explorer ») qui effectue des mesures à bord de la Station Spatiale Internationale depuis juin 2017.

La principale mission de Nicer est d’en savoir plus sur l’intérieur des étoiles à neutrons, des astres très compacts et très denses formés après l’explosion d’une étoile en fin de vie. L’un des objectifs est en particulier de mesurer leur  diamètre « avec une précision de 5 % », indique la Nasa.

Pour effectuer ces relevés, NICER balaye le ciel en se déplaçant d’une cible à l’autre. Ce sont ces mouvements qui sont à l’origine des arcs qui sont visibles sur l’image finale.


Les déplacements de NICER en accéléré

Si des courbes apparaissent plus lumineuses que d’autres, c’est uniquement parce que l’instrument a effectué de nombreuses fois le même chemin entre certaines cibles. Ces courbes se croisent sur des points brillants qui sont des sources puissantes de rayons X.

Parmi ces sources, on peut trouver  les Dentelles du Cygne ( Cygnus Loop ), un rémanent de supernova, ou la source MAXI J1820+070 qui est soupçonnée d’être en fait un trou noir.

En activant le module NICER dans WinStars, on peut remplacer le fond du ciel habituel par l’image que la NASA vient de publier sur le site de la mission (il faut également désactiver le module Brunier pour que l’image apparaisse normalement).

Les annotations originales de la NASA ont été volontairement laissées sur l’image finale.


La carte que vient de publier la NASA telle qu’elle apparait dans WinStars

 

Mission Parker Solar : En savoir plus sur la couronne solaire

Lancée le 4 août 2018, la sonde Parker Solar (PSP) doit étudier le Soleil durant 7 années.  Placée sur une orbite très elliptique donc le périhélie se situe à moins de 0,17 UA et l’aphélie au niveau de l’orbite de Vénus, la mission de la NASA est celle de tous les exploits.  Équipée d’un puissant bouclier thermique protégeant la structure du flux émanant du Soleil et qui portera la température à 1400 K par moments, la sonde dispose de quatre instruments qui lui permettront d’étudier la couronne solaire.


PSP dans WinStars

En effet, la couronne reste encore de nos jours très mal connue. Nous ne savons presque rien sur les mécanismes accélérateurs du flux de particules qui s’échappent de la haute atmosphère (le vent solaire), ni sur l’origine des hautes températures de la couronne (1 million de degrés K) qui sont cent fois supérieures à celles observées à la surface de l’astre.

Un coronographe grand angle prendra des images tridimensionnelles  de la couronne et de l’héliosphère interne. L’instrument FIELDS mesurera les champs électrique et magnétique, les émissions d’ondes radio et les ondes de plasma. 
ISIS (Integrated Science Investigation of the Sun) permettra d’en savoir plus sur les caractéristiques des particules présentes dans l’atmosphère solaire et l’héliosphère interne qui sont accélérées à des énergies élevées (de 10 keV à 100 MeV).
Enfin, l’instrument SWEAP (Solar Wind Electrons Alphas and Protons) étudiera les électrons, les protons et les ions d’hélium qui constituent le vent solaire. 

Le 4 avril 2019, la sonde s’est aventurée à moins de 25 millions de kilomètres du Soleil en évoluant avec une vitesse relative par rapport à lui de 343.000 km/h, ce qui en fait l’objet le plus rapide de l’histoire de l’humanité. En 2023, PSP frôlera le Soleil à une distance de 6 millions de km seulement.

En installant le module Parker Solar dans WinStars, il est possible de visualiser la position de la sonde en temps réel et de suivre les 24 orbites prévues pour percer les secrets de l’atmosphère de notre étoile.

 

Juno, une mission pour mieux connaitre Jupiter

Juno est une mission spatiale de la NASA qui a pour objectif l’étude de la planète Jupiter. La structure de cette planète géante gazeuse et son mode de formation restent, au lancement de la mission, largement inconnus malgré plusieurs missions spatiales et les observations astronomiques faites depuis la Terre. La sonde spatiale, lancée en 2011, doit collecter sur place des données sur les couches internes de Jupiter, la composition de son atmosphère et les caractéristiques de sa magnétosphère. Ces éléments doivent permettre de reconstituer la manière dont Jupiter s’est formée et de corriger ou d’affiner le scénario de formation des planètes du Système solaire dans lequel Jupiter a, du fait de sa masse importante, joué un rôle majeur.

Juno a été lancée par une fusée Atlas V le 5 août 2011. Deux ans après son lancement, Juno a effectué un survol à basse altitude de la Terre qui, par assistance gravitationnelle, lui a fourni le surcroît de vitesse nécessaire pour atteindre Jupiter. La phase scientifique de la mission débute après la mise en orbite autour de Jupiter le 5 juillet 2016. Juno commence ses observations, effectuées à partir d’une orbite polaire très elliptique d’une période de 53 jours qui fait passer la sonde à très basse altitude au-dessus de la planète de pôle en pôle, en évitant en grande partie la ceinture de radiations très intense, susceptible de l’endommager. La phase scientifique de la mission comprend 36 survols de la planète et devait durer vingt mois. Un problème rencontré sur la propulsion principale en octobre 2016 n’a pas permis de faire passer la sonde spatiale sur l’orbite courte de 14 jours visée. Pour réaliser le nombre de survols souhaité, la mission doit être prolongée jusqu’en 2021 et devra survivre jusque-là à l’exposition prolongée au rayonnement.

Juno emporte huit instruments scientifiques dont deux spectromètres, un radiomètre, un magnétomètre et un ensemble d’instruments dédiés à l’étude des pôles de Jupiter. Juno est la première sonde spatiale à destination d’une planète externe qui utilise des panneaux solaires au lieu de générateurs thermoélectriques à radioisotope. La sonde spatiale est la deuxième mission du programme New Frontiers qui regroupe des missions d’exploration du Système solaire nécessitant un budget moyen. Son coût total est de 1,1 milliard de dollars.

Jupiter

Jupiter est la plus grosse des planètes du Système solaire, avec une masse qui représente deux fois et demi celle de l’ensemble des autres planètes, et un diamètre qui est plus de onze fois celui de la Terre (environ 138 000 kilomètres). Elle fait partie des planètes externes du Système solaire, comme Saturne, Uranus et Neptune, et est également une planète gazeuse géante. Jupiter est composée essentiellement d’hydrogène et d’héliumnote 1, comme le Soleil, avec sans doute un noyau central rocheux d’une masse équivalente à dix fois celle de la Terre. La planète tourne sur elle-même en un peu moins de 10 heures. Située à 5,2 unités astronomiques du Soleil, elle boucle son orbite autour du Soleil en 11,9 années terrestres. Jupiter dégage plus de chaleur qu’elle n’en reçoit du Soleil. Celle-ci est générée par le mécanisme de Kelvin-Helmholtz : le refroidissement de la planète entraîne une lente contraction de celle-ci, qui génère en retour un échauffement localisé dans son cœur. Cette chaleur est transportée par convection jusqu’à la surface de la planète, et est sans doute responsable des mouvements complexes et violents agitant l’atmosphère de Jupiter. Celle-ci, d’une épaisseur de 5 000 kilomètres, serait formée de 3 couches : jusqu’à 100 kilomètres de profondeur, des nuages de glace d’ammoniac, vers 120 kilomètres, des nuages d’hydrogénosulfure d’ammonium et à partir de 150 kilomètres de profondeur, des nuages d’eau et de glace. À une profondeur plus importante, l’hydrogène, soumis à une pression énorme, se transforme en hydrogène métallique qui conduit l’électricité comme un métal. Les mouvements au sein de ce liquide métallique sont sans doute à l’origine du champ magnétique intense de la planète, onze fois supérieur à celui de la Terre, et qui piège les électrons et les ions, créant une ceinture de radiations particulièrement puissantes. La magnétosphère de Jupiter, c’est-à-dire la zone de l’espace placée sous l’influence de ce champ magnétique, s’étend jusqu’à 3 millions de kilomètres dans la direction du Soleil, et jusqu’à 1 milliard de kilomètres dans la direction opposée. Le système jovien comprend 67 satellites naturels. Les quatre principaux, Io, Europe, Ganymède et Callisto, figurent parmi les plus gros satellites naturels du Système solaire, et présentent des caractéristiques remarquables : activité volcanique intense dans le cas de Io, présence supposée d’océans composés d’eau liquide en dessous de la surface pour les autres. Jupiter, du fait de sa masse, a joué un rôle très important dans le processus de formation des autres planètes du Système solaire, et donc de la Terre, en agissant notamment sur leurs orbites et en contribuant à nettoyer progressivement le Système solaire des corps célestes mineurs susceptibles de les percuter.

L’exploration spatiale de Jupiter de 1973 à 2016

La première sonde à approcher Jupiter est Pioneer 10, qui passe à une distance de 130 000 kilomètres de la planète le 3 décembre 1973, et découvre sa ceinture de radiations. Pioneer 11 survole à son tour Jupiter en 1974. Malgré leur instrumentation très simple, les deux sondes révèlent la complexité de l’atmosphère de Jupiter, fournissent des images d’une très grande qualité ainsi que les premières données sur la magnétosphère de la planète. Les sondes Voyager 1 et 2, dotées d’une instrumentation scientifique beaucoup plus importante, effectuent leur survol de la planète en 1979. Elles découvrent les anneaux ténus qui entourent Jupiter, plusieurs lunes nouvelles, ainsi que l’activité volcanique à la surface de Io.   Ulysses en 1992 étudie la magnétosphère de Jupiter7. La sonde Galileo est le seul engin à avoir gravité autour de Jupiter. Elle atteint Jupiter en décembre 1995, et entame alors une mission d’exploration d’une durée de 8 ans. Malgré une antenne parabolique grand gain défectueuse affectant fortement la quantité de données pouvant être transmise, Galileo parvient à transmettre des informations sur l’ensemble du système jovien. Au début de sa mission scientifique, Galileo lâche une petite sonde atmosphérique qui pénètre l’atmosphère de Jupiter et fournit la composition élémentaire des couches supérieures de celle-ci, avant d’être écrasée par la pression. Les données recueillies remettent en cause une partie des théories admises sur le processus de formation des planètes du Système solaire. En décembre 2000, la sonde Cassini, en route pour Saturne, survole Jupiter : elle prend des images à haute résolution de la planète et, en coordination avec la sonde Galileo, étudie sa magnétosphère très étendue, ainsi que ses interactions avec le vent solaire. L’intensité de la ceinture de radiations est mesurée avec plus de précision et se révèle beaucoup plus élevée que prévu. Ces informations sont utilisées pour dimensionner les protections de la sonde Juno. Avant Juno, la sonde New Horizons est la dernière à survoler Jupiter, le 28 février 2007. La sonde observe des éclairs aux pôles, la création de nuages d’ammoniac, et étudie la circulation des particules chargées dans la queue magnétique de la planète.

Un scénario de formation mal défini

L’exploration spatiale de Jupiter débute tardivement, car l’envoi d’une sonde spatiale vers cette planète, située à cinq unités astronomiques du Soleil, nécessite le recours à une fusée puissante : il faut en effet accélérer un vaisseau à une vitesse de 16 km/s au départ de la Terre pour que celui-ci atteigne la planète, même si le recours à l’assistance gravitationnelle peut permettre de réduire cette vitesse d’injection. Aussi, l’exploration des planètes extérieures, dont fait partie Jupiter, ne débute qu’en 1973, alors que les planètes intérieures ont déjà reçu à l’époque la visite de plusieurs dizaines de sondes spatiales. Plusieurs engins spatiaux vont survoler Jupiter par la suite, mais seule Galileo effectuera un séjour prolongé, après s’être mise en orbite autour de la planète.

La sonde atmosphérique lancée par Galileo dans l’atmosphère de Jupiter a relevé des proportions d’éléments chimiques qui remettent en question les hypothèses sur la formation de la planète, et en conséquence les théories établies sur les origines et l’évolution du Système solaire :

  • Jupiter semble pauvre en eau alors que selon les théories en vigueur, celle-ci est considérée comme un médium indispensable pour l’incorporation des éléments lourds lors de la formation des planètes du Système solaire externe dont fait partie Jupiter. Or ces éléments abondent sur Jupiter. La réponse qui sera apportée à cette question aura des répercussions sur le scénario de formation des planètes aux caractéristiques proches de celles de la Terre ;
  • deux scénarios s’affrontent sur la manière dont la planète Jupiter s’est formée. Selon le premier scénario, la planète s’est formée en deux temps — accrétion de matériaux situés dans son voisinage jusqu’à former un noyau solide représentant une dizaine de masses terrestres, puis effondrement gravitationnel de la masse de gaz et de poussière entourant la planète ; le second scénario repose sur le seul effondrement gravitationnel d’un nuage de poussières et de gaz, mais nécessite la présence d’une nébuleuse originelle de plus grande taille que celle retenue dans les scénarios de formation du Système solaire. La confirmation de la présence d’un noyau solide au cœur de Jupiter et la détermination de sa composition pourraient permettre de trancher.

Objectifs:

Juno a pour objectif principal de résoudre ce dilemme, en collectant des données permettant de reconstituer l’histoire de la formation de Jupiter et son évolution. Compte tenu du rôle central de la planète géante dans la formation du Système solaire, les informations recueillies doivent permettre d’affiner les théories dans ce domaine et, plus généralement, de mieux comprendre l’origine des systèmes planétaires découverts autour d’autres étoiles. À la date de lancement de la sonde, Jupiter reste une planète mal connue, malgré les données recueillies via les observations effectuées depuis la Terre par les astronomes, et bien que plusieurs sondes spatiales aient précédé Juno (schéma 1). Juno, placée sur une orbite elliptique autour de Jupiter, doit permettre d’effectuer des observations permettant de préciser les points suivants :

  • son mode de formation ;
  • la proportion d’eau et d’oxygène présente ;
  • sa structure interne ;
  • la manière dont les différentes strates de la planète se déplacent les unes par rapport aux autres ;
  • la présence d’un noyau solide et sa taille ;
  • la manière dont le champ magnétique est généré ;
  • la relation existant entre les déplacements des couches atmosphériques et les mouvements internes de la planète ;
  • les mécanismes à l’origine des aurores polaires ;
  • les caractéristiques des zones polaires.

La sonde doit rechercher des informations sur plusieurs thèmes importants.

Composition de l’atmosphère

Aurores polaires sur Jupiter.

Les aurores polaires de Jupiter sont permanentes et s’étendent jusqu’aux lunes de la planète.

La composition de l’atmosphère fournit des indices sur la genèse de Jupiter et peut permettre de déterminer si les planètes ont pu changer d’orbite au cours de leur processus de formation. Juno doit sonder l’atmosphère jusqu’aux couches soumises à une pression de 100 bars en utilisant des émetteurs micro-ondes qui permettront de dresser une carte tridimensionnelle de l’abondance en ammoniac et en eau.

Structure de l’atmosphère

Juno doit étudier les variations qui se produisent dans les couches profondes de l’atmosphère de Jupiter et leurs incidences sur la météorologie, les températures, la composition, l’opacité des nuages et la dynamique atmosphérique. Grâce à la représentation tridimensionnelle fournie par l’instrumentation, les données recueillies permettront peut-être de définir si la dynamique atmosphérique s’étend jusqu’aux couches où la pression atteint deux cents bars ou si elle ne concerne que les strates superficielles jusqu’à une pression de six bars.

Champ magnétique

La sonde spatiale doit dresser une carte détaillée du champ magnétique situé à l’intérieur de la planète et dans l’espace environnant ainsi que ses variations. Ces données fourniront en retour des informations sur sa structure interne et sur les mécanismes de la dynamo qui génèrent ce champ.

Magnétosphère au niveau des pôles

Schéma de la magnétosphère de Jupiter.
Schéma 2 : la magnétosphère de Jupiter.

 

Juno doit dresser une carte en trois dimensions de la magnétosphère de Jupiter au niveau des pôles et des aurores, les plus puissantes du Système solaire, qui sont créées par les particules chargées, capturées par le champ magnétique. Les instruments qui équipent la sonde doivent permettre simultanément d’obtenir les caractéristiques des particules chargées et des champs magnétiques près des pôles, tout en observant les aurores dans l’ultraviolet. Ces observations doivent également améliorer notre compréhension de ces phénomènes, et de ceux engendrés par des objets dotés de champs magnétiques similaires, comme les jeunes étoiles possédant leur propre système planétaire.

Champ de gravité

En étudiant les variations du champ de gravité de Jupiter, la sonde Juno fournira des indications sur la distribution des masses à l’intérieur de la planète, l’incidence sur la planète du déplacement de son atmosphère et du mouvement de marée généré par ses lunes.

Caractéristiques de l’orbite de travail de Juno

Pour pouvoir recueillir les données scientifiques nécessaires à l’atteinte de ses objectifs, Juno doit passer au plus près de Jupiter ; en effet, ce n’est qu’à faible distance de la planète qu’elle peut utiliser ses instruments, et en particulier réaliser les mesures in situ de l’aurore (schéma 5). Mais en s’approchant autant de Jupiter, elle traverse la ceinture de radiations créée par le champ magnétique de la planète géante qui prend la forme d’un tore entourant Jupiter au niveau de l’équateur. Son intensité exceptionnelle peut entrainer un dysfonctionnement des appareils électroniques qui équipent la sonde spatiale. Pour limiter les dégâts, Juno est placée sur une orbite dont l’excentricité, l’argument du périastre ainsi que la faible altitude au périgée lui permettent de contourner en grande partie la ceinture de radiations : Juno se glisse sous celle-ci lorsque la sonde longe Jupiter, et passe à l’extérieur de la ceinture lorsqu’elle s’éloigne de Jupiter (schéma 6). Sur cette orbite polaire, dont l’inclinaison est de 90 degrés, la sonde plonge à l’approche de Jupiter, pratiquement à la verticale vers son pôle Nord, survole à très basse altitude (entre 4 200 et 5 200 kilomètres) la couche nuageuse de Jupiter jusqu’au pôle Sud, puis s’éloigne de Jupiter, initialement dans le prolongement de ce pôle, pour rejoindre son apogée situé à 39 rayons joviens de la planète (environ 2,8 millions de kilomètres), à peu près dans le plan de l’équateur. Au cours de sa mission scientifique, d’une durée d’un an, la sonde va parcourir 32 fois cette orbite. Celle-ci se déforme progressivement au fil du temps, du fait de la forme légèrement aplatie de Jupiter. La ligne des apsides s’incline progressivement, et le temps de séjour de la sonde dans la ceinture de radiations s’allonge à chaque orbite (schéma 6) : un quart de la dose totale de rayonnement ionisant que subit la sonde durant sa mission est ainsi reçue durant les quatre dernières orbites autour de Jupiter. L’électronique de la sonde est confrontée à un risque croissant de panne, et la mission est volontairement arrêtée à ce stade, avant que Juno ne devienne incontrôlable. Au cours de sa 36e orbite, vers la mi-novembre, la propulsion de la sonde est allumée une dernière fois pour réduire sa vitesse, ce qui diminue l’altitude de son orbite au périgée lorsqu’elle survole à basse altitude Jupiter. Quelques jours plus tard Juno pénètre dans l’atmosphère de Jupiter, où elle est détruite par la pression et la température.

Schéma montrant différentes positions de Juno en fonction de ses orbites.

Schéma 4 : la sonde utilise selon les orbites deux types d’orientation pour collecter des données scientifiques.

Schéma de Juno traversant une aurore polaire jovienne.

Schéma 5 : Juno traverse l’aurore polaire de Jupiter.


Pour visualiser la position de Juno dans WinStars, merci d’actualiser le programme avec la dernière version et d’activer le module Juno.

La mission Gaia : cartographier notre galaxie en 3D

Lancée le 19 décembre 2013, la mission Gaia mesure la position et le déplacement des étoiles situées dans la périphérie du Soleil. Après 4 ans de fonctionnement, l’ESA vient de publier le Data Release 2, un catalogue gigantesque composé de 1,7 milliards d’étoiles bien plus précis et bien plus complet que le catalogue obtenu par le satellite Hipparcos il y a une trentaine d’années.

Mais cette mission ne se limite pas à cataloguer avec une précision inégalée 1 % des étoiles de la Voie lactée, il contient aussi des informations de haute précision concernant les astéroïdes et les comètes qui se déplacent dans notre système solaire. On y retrouve également des informations concernant le mouvement des étoiles dans la moitié des amas globulaires qui orbitent autour de la Voie lactée et il va jusqu’à améliorer notre connaissance de la position d’une dizaine quasars. Inutile de préciser que tous les astronomes vont pouvoir profiter de l’apport de cet instrument magnifique.

Mais le plus intéressant sera sans doute de pouvoir connaitre avec plus de profondeur la structure de notre propre galaxie. En affinant le diagramme Hertzsprung-Russell des étoiles qui la compose et en faisant en quelque sorte son archéologie, on devrait en savoir beaucoup plus sur sa formation et sur la dynamique qui la gouverne.

C’est une chance également pour les logiciels grand public qui se proposent de représenter le voisinage du Soleil en 3D. Avec ce catalogue, il sera possible de positionner les étoiles les unes par rapport aux autres avec beaucoup plus de précision et de visualiser le déplacement de ces objets en accélérant l’écoulement du temps. Et peut-être même apercevoir la rotation de cette portion du disque qui nous entraine avec le Soleil dans une rotation autour du centre galactique. Je vous tiens au courant dès que c’est prêt  !

Pour aller plus loin :

 

Oumuamua, ce mystérieux astéroïde venant d’ailleurs.

1I/ʻOumuamua (à l’origine C/2017 U1 (PANSTARRS) puis A/2017 U1) est un petit corps interstellaire repéré le 19 octobre 2017 par le télescope Pan-STARRS 1 installé sur le Haleakalā, à Hawaï, alors qu’il se trouvait à 0,2 unité astronomique (30 millions de kilomètres) de la Terre. Il est le premier astéroïde détecté à avoir été identifié comme provenant d’en-dehors du Système solaire.

D’abord classé comme comète et désigné en conséquence C/2017 U1 (PANSTARRS), il a été reclassé parmi les planètes mineures une semaine plus tard et désigné en conséquence A/2017 U1. Le , il est formellement rangé dans la classe des objets interstellaires et, conformément à la nouvelle nomenclature établie à cette occasion, il reçoit la désignation permanente 1I et le nom ʻOumuamua.

C’est au cours d’une recherche d’objets proches de la Terre, sur des images réalisées le 19 octobre 2017 par le télescope PanSTARRS 1 (Panoramic Survey Telescope And Rapid Response System), que Robert Weryk, chercheur postdoctoral à l’institut d’astronomie d’Hawaï, a remarqué l’objet comme un point lumineux, se déplaçant devant les étoiles. Il a été le premier à le soumettre au Centre des planètes mineures de l’Union astronomique internationale.

Weryk a ensuite cherché dans les archives d’images Pan-STARRS et a remarqué qu’il se retrouvait également dans des images prises la nuit précédente (18 octobre 2017 11:59:51 TU), mais n’avait pas été initialement identifié par le processeur de traitement des objets en mouvement.

Oumuamua dans WinStars 3

Après sa découverte, l’UAI lui donne la désignation provisoire cométaire C/2017 U1 (PANSTARRS), le 25 octobre. Le même jour, à la suite d’observations du Très Grand Télescope (VLT) ne montrant aucune activité cométaire, l’objet est officiellement reclassifié comme planète mineure et voit en conséquence sa désignation révisée en A/2017 U1, conformément aux règles sur les désignations provisoires des comètes définies en 1995.

Le , il est formellement reclassifié comme « objet interstellaire » et, conformément à la nouvelle nomenclature établie à cette occasion, il reçoit la désignation permanente 1I et le nom ʻOumuamua. Les formes correctes pour désigner cet objet sont dès lors en conséquence 1I, 1I/2017 U1, 1I/ʻOumuamua et 1I/2017 U1 (ʻOumuamua).

Le nom, qui a été choisi par l’équipe du programme Pan-STARRS, est d’origine hawaïenne et signifie « éclaireur », le soldat qu’on envoie au front afin de repérer l’ennemi. Il peut également signifier un « messager ». « Ou » signifie « vouloir tendre la main » et « mua », avec le second « mua » qui met l’accent, signifie d’abord « en avance de ». Ce nom fait écho au fait qu’il s’agit du premier témoin d’un passé ou d’une frontière lointaine jusqu’ici inconnue. À noter que le premier caractère du nom n’est pas une apostrophe, mais un okina, caractère présent dans plusieurs langues notamment polynésiennes.

Sa trajectoire est franchement hyperbolique, avec une excentricité de 1,188, la plus élevée jamais relevée pour un objet situé dans notre Système solaire. Dans la mesure où les observations semblent indiquer l’absence de passage près des planètes, qui auraient pu augmenter son excentricité, il pourrait s’agir du premier objet interstellaire formellement identifié.

Le 20 novembre 2017, il est confirmé qu’il provient bien d’en-dehors du Système solaire : il devient ainsi le tout premier astéroïde détecté ayant une origine extrasolaire confirmée.

L’objet qui détenait le précédent record, la comète C/1980 E1 avec une excentricité de 1,057, était pour sa part passée près de Jupiter, qui avait propulsé la comète d’une orbite très excentrique mais liée vers cette trajectoire hyperbolique.

Une étude de modélisations publiée en 2018 conclut que les systèmes binaires stellaires sont très efficaces en termes d’éjection de corps rocheux et que, comme un grand nombre de ces systèmes binaires existent « Oumuamua provient très probablement d’un système binaire ». L’étude indique aussi qu’il est probable que 1I/’Oumuamua provienne d’un système relativement chaud car ceux-ci possèdent un plus grand nombre d’objets rocheux autour d’eux.

Source : wikipedia

Pour visualiser la position de 1I/’Oumuamua, merci de télécharger la dernière version du programme (3.0.22) et d’activer le module « Oumuamua ».