Les megaconstellations de satellites : une menace pour la recherche en astrophysique

Starlink est un projet de la société américaine SpaceX qui prévoit de fournir une connexion Internet haut débit partout à la surface du globe grâce à une myriade de satellites conçus à cet effet.

Pour réduire les temps de latence, ces petits satellites de moins de 260 kg sont placés en orbite basse à quelques centaines de kilomètres d’altitude. A terme, ces satellites formeront une flotte de plus de 42 000 objets !

Ce projet est une véritable catastrophe pour les astronomes qui redoutent de voir leurs mesures gravement affectées par ces intrus qui pourraient parasiter les régions du ciel observées par des instruments scientifiques. Cette pollution n’affectera pas seulement les photographies du ciel profond mais pourrait également gêner les radiotélescopes qui observent le ciel dans d’autres régions du spectre électromagnétique. L’exaspération gagne du terrain à mesure que les astronomes professionnels et amateurs notent les premiers effets de ces passages incessants dans le champ visuel des instruments.

Champ du détecteur du télescope Blanco de 4 mètres de diamètre installé sur le Cerro Tololo au Chili. Pratiquement tous les capteurs du détecteur ont été balayés par ces éclats lumineux des satellites Starlink durant la pose de six minutes qui devait servir à la recherche de nouvelles galaxies naines à côté du Grand nuage de Magellan.

Mais la société d’Elon Musk n’est pas la seule à vouloir utiliser les orbites basses. OneWeb et Amazon travaillent déjà sur des projets concurrents qui, dans quelques années, rempliront le ciel de centaines de milliers de points lumineux impossibles à supprimer.

Cela impliquera la transformation pure et simple du ciel tel que nous le connaissons, rendant toutes recherches en astrophysiques impossibles depuis la Terre. C’est un patrimoine naturel accessible à tous, déjà bien abimé par l’éclairage périurbain anarchique,  qui disparaitra définitivement.

Il semble malheureusement difficile de lutter contre ces multinationales qui décident, en toute impunité, de priver l’humanité de ce bien commun. Chaque mois, elles font valider le lancement de nouveaux satellites par des organismes comme l’International Telecommunication Union ou la Federal Communications Commission en profitant du vide juridique actuel et des règles devenues obsolètes par cette course à l’espace. Ces megaconstellations de satellites augmentent aussi considérablement les risques de collisions et pourraient saturer l’espace proche en débris de toutes sortes.

Les astronomes en sont réduits à protester et ne peuvent que tenter d’alerter l’opinion publique et les gouvernements sur les dangers de ces projets incontrôlables.

Afin de constater l’étendue des dégâts, la dernière version de WinStars affiche en temps réel la position des satellites de la constellation StarLink.

Il suffit juste d’aller dans Objets du système solaire/satellites, d’Actualiser les paramètres orbitaux et de sélectionner, un à un, tous les satellites dont le nom commence par Starlink.

Les satellites Starlink dans le mode planétarium