octobre 2026 – WinStars 3

WinStars 3 : je reprends le développement

Cela faisait longtemps que le blog était silencieux, et le logiciel avec. La version 3.0.304 remontait à janvier 2025, la 3.0.306 à mai 2026, et je n’avais guère plus à montrer entre les deux. Depuis quelques semaines j’ai repris le travail sur WinStars 3, avec quatre révisions entre avril et octobre 2026, dont la 3.0.309 parue aujourd’hui. Je ne présente pas cela comme un grand retour : ce sont surtout des mois de travail discret, beaucoup de corrections signalées par ceux qui utilisent le logiciel, et l’espoir que ce qui a été réparé le restera.

Une parenthèse en neurobiologie

J’avais mis WinStars de côté pendant plusieurs années, pour travailler dans un domaine qui n’a a priori rien à voir avec l’astronomie, la bioinformatique appliquée à la neurobiologie. D’un côté, un travail sur l’alignement de séquences : retrouver, parmi des milliards de lectures issues d’un séquenceur, les fragments qui correspondent réellement à un génome, et faire en sorte que ce calcul exploite les cartes graphiques. De l’autre, un projet portant sur l’épilepsie, la dysplasie corticale focale, ces lésions où le cortex s’est mal organisé pendant le développement, et le gène CNR1, qui code le récepteur cannabinoïde CB1 très présent dans le cerveau.

Mais revenons à WinStars 3

Une bonne partie des corrections de ces derniers mois ne sont pas des idées neuves mais des goulots d’étranglement enfin identifiés : le décodage des textures se fait en arrière-plan, les transferts vers la carte graphique sont limités, l’affichage des étiquettes a été allégé, les timeouts et la détection de connexion hors ligne ont été revus.

Les dernières modifications

3.0.305, 4 mai 2026. Les bibliothèques Qt, Assimp, Freetype et Quazip ont été actualisées, et l’installation sous Linux ne demande plus de manipulations compliquées.

3.0.306, 19 mai 2026. Le fonctionnement des boîtes de dialogue a été revu. Il y a peu à voir à l’écran, mais les menus, la saisie et la fermeture des fenêtres se comportaient mal sur certaines configurations, en particulier sous Android et avec les cartes AMD, et les remarques reçues à ce sujet ont été plus instructives que mes propres tests.

3.0.307, 26 septembre 2026. C’est la révision la plus visible de la série, et elle concerne les ombres. Jusqu’ici les objets étaient éclairés sans rien projeter : les satellites projettent maintenant leur ombre sur leur planète, l’ombre de la Lune apparaît sur la Terre lors des éclipses solaires, les anneaux de Saturne ombragent la sphère de la planète, et les sondes ainsi que les satellites artificiels reçoivent à leur tour des ombres portées, ce qui permet de voir la Terre masquer le Soleil pour une sonde placée derrière elle. Pour les lunes, les anneaux et les éclipses, l’ombre est calculée géométriquement, image par image, à partir des positions du Soleil, de l’astre et de l’observateur ; pour les modèles en trois dimensions, sondes, stations ou paysages, elle est projetée par la carte graphique au moyen de cartes d’ombres. L’éclairage a été unifié entre les planètes, les tuiles de la surface terrestre et les modèles importés, afin d’éviter ces objets qui semblaient correctement éclairés en pleine nuit. Le relief des nuages terrestres a été refait, et le chargement des fichiers est plus rapide.

3.0.308, 15 octobre 2026. WinStars 3 est maintenant traduit en arabe, en perse, en chinois et en japonais, en plus du français, de l’anglais, de l’espagnol, de l’allemand, du russe et du bulgare. Le moteur d’affichage a dû apprendre à rendre les glyphes chinois et japonais et la calligraphie arabe, avec une gestion du contexte graphique revue et quelques tests pour vérifier que les caractères les plus difficiles s’affichent. Le reste est fait de corrections, la boîte d’informations, la boîte de présentation sous Android, des fenêtres qui se refermaient mal, les scripts d’installation Linux, et cette sélection accidentelle d’un menu au relâchement du clic droit que plusieurs personnes avaient signalée.

3.0.309, 27 octobre 2026. Deux changements concernent le ciel. Le rendu de l’atmosphère était calculé jusqu’ici à partir d’un modèle de diffusion physique de la lumière dans l’air ; honnête sur le papier, il produisait en pratique un horizon trop jaune et un zénith trop sombre, et le dégradé du ciel vieillissait mal quand on zoomait. Je l’ai remplacé par une table de couleurs mesurées, indexée sur la hauteur du Soleil sous l’horizon : les teintes sont lues dans cette table puis mélangées pixel par pixel sur la voûte, ce qui donne un crépuscule et une nuit plus proches de ce que l’on observe, et un éclairage des paysages cohérent avec celui du ciel. Les paliers habituels, fin du crépuscule civil, nautique et astronomique, sont conservés, mais la palette reste volontairement sobre et ne prétend pas restituer toutes les nuances d’un vrai ciel. Le second changement est la simulation de la turbulence atmosphérique, ce que les observateurs appellent le seeing : l’image se déforme très légèrement, les étoiles scintillent, les contours des planètes tremblent, et un objet bas sur l’horizon semble onduler comme au-dessus d’une route chauffée. En mode planétarium, un traitement applique au ciel une déformation douce bâtie sur deux échelles de mouvement, une nappe lente et large et un voile plus fin et rapide, d’une amplitude volontairement très faible, de l’ordre du pixel, avec une légère dispersion des couleurs. L’effet n’apparaît que lorsque l’atmosphère est affichée et que le champ est assez étroit, moins de deux degrés, avec une intensité qui croît avec le grossissement jusqu’à être maximale autour d’un demi-degré ; les étiquettes restent nettes parce qu’elles sont dessinées après la déformation.

Et maintenant

Le travail reprend à un rythme plus régulier, sans garantie de le rester. Ce qui reste en cours est moins ambitieux qu’il n’y paraît : stabiliser les ombres sur toutes les plateformes, améliorer le rendu des surfaces planétaires et des paysages, et reprendre peu à peu le module d’enseignement de l’astronomie qui attend depuis plusieurs années. La version 3.0.309 est disponible en téléchargement, comme les précédentes gratuite, sans publicité et sans collecte de données. Elle n’est pas exempte de bugs et plusieurs correctifs demandent encore à être vérifiés sur des configurations que je ne possède pas : les retours de ceux qui l’installent restent, comme toujours, ce qui fait avancer le logiciel le plus sûrement.